Encore une fois, il pleut lorsque je prends ma voiture qui connait le chemin de l’Epicerie par cœur. Le record d’Alela Diane est battu en termes d’affluence, la queue qui serpente devant l’entrée est impressionnante. Un peu plus loin, devant moi, doivent se trouver JP et Daniel. Enfin, je l’espère, parce que c’est plutôt pour les voir que je suis venu ce soir, ayant déjà vu Emily Jane White deux fois l’année dernière, sans parler de la sortie décevante de son second album depuis… Le binôme de Next me rejoint à ma table, où les attends une bière, et nous discutons en attendant La buZe. Ce dernier ne viendra pas, le fourbe, ruinant les retrouvailles espérées des 4 fantastiques. Pas grave, Daniel connait la moitié du public, il sera d’ailleurs difficile de lui parler tant il est sollicité. C’est tout le problème d’être une star de la blogosphère….
Mais voici que nous sommes en retard pour la première partie. Il s’agit de Julien Pras, leader du groupe Calc originaire de Bordeaux (ville où il a du rencontrer Emily Jane White, qui y a fait ses études), et qui officie maintenant en solo. Le voici donc avec sa guitare folk, un peu intimidé, mais se servant de sa maladresse et de sa gêne pour faire rire le public. Je n’ai pas vraiment apprécié sa voix, trop aigue à mon gout, mais il faut reconnaitre que ses compositions sont vraiment magnifiques. A quelques reprises, elles seront même sublimées par l’aide discrète de Jen Grady, d’Emily et du groupe au complet pour le dernier titre. Le public est charmé, et félicite le jeune homme qui le salue timidement.
Il est temps de reboire une petite bière avec les potes, Daniel en profite pour me filer un CD gravé plein jusqu’à la gueule de Live du Gun Club, 48h à peine après avoir appris que je ne connaissais pas l’illustre groupe de Jeffrey Lee Pierce. Des rumeurs courent sur la deuxième partie, il parait que c’est un gamin de 13 ans et que c’est tout nul… d’ailleurs il a déjà commencé, bordel, nous sommes une nouvelle fois à la bourre !
Le gamin en question, effectivement très jeune, se nomme Zak Laughed, et il a attaqué seul son set par quelques titres folk. Sa voix est assez fascinante, et constitue la principale originalité de sa musique : on dirait la Chan Marshall des débuts qui chanterai un peu faux, c’est assez étrange. Zak Laughed est rejoint par son groupe, trois gars d’une vingtaine d’année avec des tronches pas possible. Nous aussi on a ressemblé à ca ? Le groupe propose des compositions très simples et très inspirées par des groupes comme Sparklehorse ou Eels (ils ont d’ailleurs le même Wurlitzer que le sexy Granpa). Plutôt que d’être irrité par la morgue du morveux, le manque d’ambition des titres et le pompage de plusieurs de mes artistes favoris (ou les trois à la fois, comme ce titre qui est un copié collé de « My Beloved Monster », soit le morceau le plus simplissime de Eels), je décide de profiter de ce bon moment de rock, énergique et bien huilé. Je préfère décidément ce genre de choses déjà entendues à tout les machins alambiqués et surproduits qui ont trusté l’actualité de 2009. Le gamin revient interpréter seul un morceau folk mélancolique, ce qui vaudra ce commentaire avisé de Daniel : « putain, il doit pas avoir d’amis, vu ce qu’écoutent les gosses de son âge… ».
Y aura-t-il quelques différences avec le concert de l’année dernière ? C’est la question que je me pose lorsqu’Emily Jane White et son groupe entrent en scène. L’effectif est augmenté de la violoniste habituelle (absente la dernière fois), et de Julien Pras qui tient la basse pour cette tournée. Pour le reste, le concert sera assez similaire. Le début est assez laborieux, je prends mon mal en patience jusqu’au morceau « Frozen Heart », qui décolle bien sur scène. Le concert est lancé, avec le très beau « A shot Rang Out » qui suit, jusqu’à l’introduction d’un nouveau morceau, une valse assez appuyée que je n’ai pas trouvée très convaincante. Le final est idéal, avec un « Red Dress » qui contre toute attente se révèle vraiment bon en live, puis les deux meilleurs titres du dernier album, « Liza » et « Victorian America », où les secondes voix font merveille. Après un rappel classique, ponctué par le toujours terrible « Hole in the Middle », Emily Jane White revient seule sur scène pour un deuxième rappel qui prend de surprise les blaireaux irrespectueux qui ont quitté leurs fauteuils après le rappel réglementaire. La chanteuse interprète deux nouveaux titres avec sa guitare, plaisants mais beaucoup trop similaires à ceux qu’elle à déjà écrits… Bref, un concert sympa, sans plus, avis partagé par le groupe de spectateurs que je retrouve au bar.
J’ai alors le plaisir de discuter plus longuement avec la bande de Daniel. On partage nos impressions sur le set avec JP, qui, timide, n’osera aborder la délicate violoncelliste Jen Grady avec qui il correspond régulièrement. Un collègue nous raconte le reportage qu’il a tourné sur Suicide, le virage vieux con qu’a pris Alan Vega à l’inverse d’un Martin Rev sympa avec qui il a voyagé en Europe. Un autre raconte des anecdotes sur le passé tumultueux du groupe Next, que je ne dévoilerai pas sur ce blog, pour ne pas nuire à leur réputation. Avec Daniel, nous évoquons JLP, Luc Besson, Alvin et les Chipmunks, le groupe « le catcheur et sa pute », Vic Chesnutt, j’en passe et des meilleures, bref, c’est du délire comme d’habitude. J’assiste même à une scène surréaliste où Daniel, en chaussettes, fera quelques exercices physiques avec son coach sportif en plein milieu du bar de l’Epicerie ! Rien que pour ca je ne regrette pas d’être venu…
Wikipedia est formel : les Chipmunks sont des petits écureuils qui chantent en accéléré… je sais pas quelle drogue circule à Macon, mais j’en voudrais bien un peu….
Setlist: the Ravens - Red Serpent - Stairs - Bessie Smith - Frozen Heart - A Shot Rang Out - the Baby - Time on your Side - New One (the Waltz) - Red Dress - Liza - Victorian America // Wild Tigers I Have Known - the Country Life - Hole in the Middle // New One - New One





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