CONCERT ANNULE  (HELLO DARKNESS - Compos) posté le jeudi 17 mai 2012 16:00

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Le TROKSON vient de nous prévenir qu'ils annulaient notre concert. Ils prétendent n'avoir jamais donné leur accord et ont prévu quelqu'un d'autre.

Qu'importe le mois passé et les efforts consentis pour retravailler notre setlist en vue de ce concert acoustique

Qu'importe qu'avec Damien nous y soyons allé samedi dernier pour confirmer notre présence, laisser flyers et affiches et écouter les (bons) groupes programmés.

Qu'importe que Julien se soit cassé le cul à faire une belle affiche et à faire de la comm sur le net.

Qu'importe les heures passés par Damien à démarcher le bar (qui ne daignait lui répondre que par mail) et à poser des affiches dans tout le quartier.

Qu'importe le jour de congé que j'ai spécialement pris pour etre à l'heure aux balances.

Qu'importe Pierre qui avait accepté sympathiquement de faire notre première partie, qu'importe tout les bons amis ou famille qui avaient réservé leur soirée pour venir nous voir.

Qu'importe les éventuels passants ou lecteurs intéressés qui viendraient nous découvrir et se diront que Hello Darkness, c'est vraiment des bons à rien.

Qu'importe pour le Trokson car il est évident que les candidats se bousculent à leur porte, notre boycott et notre propagande concernant leur inélégance et leur irresponsabilité ne les fera pas boiter.

Qu'il en faut de la motivation pour faire du rock à Lyon!

Qu'importe, Hello Darkness (qui porte décidément bien son nom) en a à revendre.

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Harold MARTINEZ - Birdmum  (Unknown Pleasures) posté le lundi 14 mai 2012 19:32

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Il est arrivé de nulle part, Harold Martinez, et seule la mort l’accompagnait. On aurait pu le croire Américain, d’un coin désert écrasé de silence et de soleil, où tout garçon de plus de 10 ans porte chapeau et flingue. Mais, tout comme les héros lyonnais de the Good Damn, Harold Martinez est français, ce qu’on pourrait deviner à un accent anglais approximatif, mais rarement dérangeant, pour cause de musique trop captivante. Simplement, Harold Martinez semble avoir le même DiEu que the Good Damn, ou que votre serviteur : David Eugene Edwards. Dans cette country rock poussiéreuse, qui vient progressivement plomber d’une grosse basse et d’un rythme martial des titres débutant à la guitare sèche, voire au banjo… Dans cette manière d’hurler vers le ciel, faute de mieux… La filiation est particulièrement présente sur « Acid Rain », mais l’esprit de 16 Horsepower flotte sur la demi-heure d’un album qui ne contient pas une minute de trop.


Birdmum reste cependant un album très personnel, le solitaire chanteur s’y mettant à nu avec une rare sincérité, rendant encore plus poignantes des compositions déjà  bien empruntes de tristesse. Au dos d’une pochette simple mais très réussie, évoquant au premier coup d’œil le contenu musical du disque, une simple phrase : Dédié à ma mère. Birdmum est un album endeuillé, une noire peinture sur l’absence inexplicable. Harold Martinez, s’est retrouvé subitement tel ce petit garçon sans ami qui parle à la pluie décrit sur « Quicksand Boy ».  Désemparé, sans doute n’a-t-il trouvé comme support à sa peine que la musique. Sera-t-il apaisé d’avoir fait porter à chacun de ses auditeurs une petite part de sa tragédie ? On lui souhaite, tant les paroles de ses chansons décrivent une douloureuse réalité, notamment celles des deux morceaux folk (guitare et voix uniquement) de l’album, « White Falcon » (1) et « Birdmum ». Ce morceau conclue de manière particulièrement glaçante le disque et résonne dans la tête et dans les tripes d’un auditeur forcément remué. Soudain conscient de la lame flottant au dessus de lui comme de chaque être humain…

 

(1) Because i’m lost because i’m dead, without my mum I live in hell, everyday I scream my pain, everyday I live in vain….



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AVRIL 2012  (Achats du mois) posté le samedi 05 mai 2012 14:13

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SLINT - Tweez

Harold MARTINEZ - Birdmum

MENSCH - Mensch

RIDE - NOWHERE (réédition Vinyle)

WOVENHAND - Live at Roepaen

Disquaire Day with Mister Guic:

MANYFINGERS / Matt ELLIOTT - (Split album, Vinyle)

GRAVENHURST - the Prize (45 T)

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B R OAD WAY - Solo System Revolution  (Unknown Pleasures) posté le vendredi 27 avril 2012 22:31

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Quatre ans après le superbe Enter the Automaton, les Stéphanois de B R OAD WAY nous reviennent avec Solo System Revolution qui creuse le sillon d’une electro pop désenchantée quoiqu’un peu plus lumineuse par moments. Conservant des voix ou discours en arrière plan (les chants aliénés de « Madison Ave. Hangover »), des bruits de machines  et des introductions qui prennent leur temps pour nous installer dans l’ambiance, B R OAD WAY reste sur un créneau mélancolique  qui évoque encore le Radiohead de la grande époque (1), d’autant que les thèmes abordés dessinent toujours une société malade de la technologie, de l’abrutissement médiatique, de la consommation  (la première phrase du disque est « She Buys more than she needs only to give away…. ») s’orientant dangereusement vers une dictature mondialisée d’un genre nouveau. Une impression qui culmine sur le magnifiquement arrangé « Solo System Revolution » où, de la basse aux différents claviers, tout les instruments jouent une partition subtile dans un style assez rare chez un groupe français. La subtilité est d’ailleurs le mettre mot de cet album, chaque intervention des cuivres, des machines (« Transistors ») ou des solos de guitare saturée (très bons, comme sur « Japonese Super Trains ») venant idéalement agrémenter le morceau plutôt que le parasiter.

 

C’est dans ces arrangements, dans l’habillement des silences, ainsi que dans des tempos plus souvent soutenus et moins électroniques que Solo System Revolution se démarque de ses prédécesseurs et montre régulièrement un coté chaleureux à l’image du magnifique « Last Words Said on TV », pop song entrainante aux chœurs surprenants et aux mélodies évidemment très travaillées. B R OAD WAY s’arrange souvent pour placer quelques dissonances (ici au clavier) qui viendront contrebalancer le coté joyeux de certains morceaux, comme un écho de paroles résolument graves. Autre qualité à mettre à l’actif du groupe que ces textes soignés, chantés dans un anglais maitrisé par Fabb. On ne trouvera rien à redire à la voix agréable du leader, qui privilégie là encore beauté à extravagance, voix au service de chansons dont absolument aucune ne vient perturber la qualité de ce disque.

 

Outre Radiohead, j’ai pensé à Mogwai pour les mélodies délicates de guitare ou piano  (l’intro de « Invisible Wars » évoque d’ailleurs celle de « Yes i am a long way from home ») ou au David Bowie d’Outside sur « Buy 1 Get 1 Free Therapy », titre un peu à part qui mêle avec réussite hip hop, voix robotiques, piano et saxophone. Le coté expérimental de B R OAD WAY, jamais loin, explose ici avec toujours la même réussite. Avec de telles références on ne doute pas que les Stéphanois puissent séduire les auditeurs les plus exigeants, tout comme un large public puisse accrocher à des tubes potentiels comme l’entrainant « Pure Gold » ou le single pop parfait « Days of Reckoning » en tout début d’album. Encore faudrait il que certains medias parisiens prennent le risque de sortir des sentiers battus et des artistes pré formatés, arrêtent de courir derrière le buzz du jour et s’intéressent aux excellents groupes qui pullulent dans les différentes régions de l’Hexagone (2). B R OAD WAY n’en a cure et préfère dépenser son énergie à faire de bons albums plutôt qu’à agiter les bras pour attirer l’attention. Si c’est le prix à payer pour se maintenir à un tel niveau, je leur pardonnerais volontiers de rester mon groupe à moi et rien qu’à moi….

 

(1)   « Japonese Super Trains »  me fait ainsi irrémédiablement penser au maxi Airbag / How Am I Driving ?

(2)   Même à Lyon, c’est dire… (j’en parle prochainement)



 

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NIRVANA - MTV Unplugged in New York  (LOVED LIVES) posté le dimanche 22 avril 2012 15:22

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Après avoir évoqué mon MTV Unplugged préféré, à savoir celui d’Alice in Chains, voici une belle madeleine musicale pour tous ceux qui étaient plus ou moins ados en 1994 avec la plus connue de ces prestations acoustiques, celle de Nirvana. Jusqu’à ce live posthume, j’étais passé complètement à coté du groupe de Seattle pour deux raisons. La première, c’est qu’en commençant à m’intéresser à la musique en 1992,  je n’avais pas la culture nécessaire pour me rendre compte de la révolution musicale que représentait le grunge. Techniquement pauvre à mes oreilles novices, je ne réalisais pas que ce que je prenais pour des défauts était justement la grande qualité de ce mouvement, pensé contre les dérives grandiloquentes du rock de l’époque. Je n’ai d’ailleurs réévalué Nirvana que très récemment, appréciant ces compositions efficaces, brutales et sans fioritures particulièrement absentes de la production rock actuelle.  La deuxième raison était qu’en 1992, c’était une overdose médiatique de Nirvana, on en parlait et en entendait partout et tout le temps, ce qui eut le don de me dégouter de la moindre note de Nevermind. J’écoutais attentivement In Utero, et même si  à la lecture des excellents articles du Golb et de Planet Gong je réalise l’importance de cet album, je reste sur mon impression d’alors : mitigée. Autant j’ai accroché immédiatement à des morceaux comme « Milk It » (depuis lors mon favori du groupe), « Tourette’s »  ou « Very Ape », autant les morceaux les plus entendus (« Rape me », « All Apologies », « Heart Shaped Box » dans une moindre mesure) m’ont toujours gonflé. Lassé du grunge (qu’il ne réussira à tuer qu’en se mettant une balle dans la tête), Cobain avait à mon gout encore des progrès à faire dans sa tentative de reconversion en songwritter à l’ancienne. Dieu seul sait s’il en serait sorti grandi (tel Mark Lannegan) ou ridiculisé (qui a dit Chris Cornell ?), mais je le trouve encore à quelques exceptions près bien meilleur dans le registre bruitiste.

 

Et pourtant, contre toute logique, c’est avec ce MTV Unplugged que je raccrochais avec Nirvana (considérant même à l’époque ce disque comme le meilleur de 1994 (1)), en complète opposition avec de nombreux fans du groupe qui pensaient, les imbéciles, que Cobain s’était trahit en coupant l’électricité. La raison principale me saute aux yeux aujourd’hui : ce live est constitué presque pour moitié de reprises, toutes excellentes. Car au niveau des compositions originales, c’est peu dire que la setlist développée est décevante : le plombant « All Apologies », l’anecdotique « On a Plain », le trop entendu « Polly » et surtout un début de disque terrible avec le morceau le plus rasoir de Bleach (« About a Girl ») et le pire de Nevermind (l’insupportable scie « Come As you Are »).  Ces titres ne sortent pas grandis du traitement acoustique et du support du violoncelle, qui fera en revanche des merveilles sur « Dumb ». A l’inverse, le MTV Unplugged propose deux des plus grandes chansons de Kurt Cobain, « Something in the Way » et surtout « Pennyroyal Tea », prouvant à elle seule que les prétentions du leader de Nirvana à citer Leonard Cohen n’étaient pas usurpées.

 

Je ne sais pourquoi Cobain décidé d’intégrer autant de reprises à la prestation de son groupe : manque de confiance ou lassitude de ses compos, difficulté à les transposer en acoustique, volonté de mettre en lumière ses sources d’inspiration ? Toujours est il que c’est bien ces morceaux qui font une grosse part de l’intérêt du live. Transformant le titre initial en « Jesus doesn’t want me for a Sunbeam », Cobain rend de sa voix lasse un superbe hommage  aux Vaselines, groupe inconnu (avant ce live) qui l’inspira fortement, aidé par la touche d’originalité qu’apporte l’accordéon de Krist Novoselic. Vient ensuite la reprise la plus surprenante (dans une setlist qui l’est déjà beaucoup), avec une magnifique interprétation du « the Man who Sold the World » de David Bowie. Une telle réappropriation d’un morceau est rare, à tel point que beaucoup croient encore que « the Man who Sold the World » est un titre de Nirvana. La seule écoute attentive de cette reprise permettrait de faire taire ceux qui maintiennent que le groupe de Seattle ne savait pas jouer (2) : chaque membre du trio y est particulièrement brillant, et je suis encore touché à la millième écoute par ce final où guitare acoustique et violoncelle s’emmêlent majestueusement.

 

Nirvana réserve une autre surprise à son public en invitant deux membres d’un groupe confidentiel, les Meat Puppets, à les rejoindre pour interpréter pas moins de trois de leurs titres. Un pari risqué qui ne fut pas du gout des producteurs de MTV (qui auraient bien vu à leur place quelques stars du grunge), mais une incontestable réussite tant cet enchainement « Plateau », « Oh, Me » et « Lake of Fire » est incontestablement le moment marquant du concert. La voix de Cobain est incroyable, torturée comme jamais, les solos de guitare font mouche, l’ensemble apporte un nouveau souffle tout en restant dans le registre précédant. Je ne sais pas si l’adaptation de ces morceaux par Nirvana fut conséquente ou mineure, n’ayant pas comme une majorité de fan sauté sur les quelques exemplaires du Meat Puppets II (où apparaissent ces trois titres) trainant de puis 1984 dans les bacs à soldes des disquaires, transformant subitement ce disque en Graal du grunger de base. Mais même sans connaitre les originaux, ne serait ce que par les textes, on comprend qu’un passionné de rock indépendant comme l’était Cobain fut tombé sous le charme de ce groupe. Restait à conclure avec la manière, et je n’apprends rien à personne en disant que le défi est plus que relevé avec cette vibrante interprétation du classique blues « Where did you sleep last night », la conviction que Cobain mettant à gueuler son déchirant refrain inscrivant une fois encore ce titre dans le panthéon des reprises.

 

Bref, les moments convaincants du MTV Unplugged compensent largement ses passages plus convenus et si ce concert ne s’inscrit plus aujourd’hui dans mes albums fétiches, je l’ai tellement écouté à une époque qu’il ne pouvait pas être absent de ma rubrique Loved Lives.  Ce disque en dit plus long sur l’état d’esprit de Kurt Cobain et sur sa fin prochaine que la quantité astronomique de biographies opportunistes qui ont fleuri sur sa tombe. Entouré de bougies, il hurle son désir de changement, presque de purification (les paroles de « Pennyroyal Tea ») d’un succès qui l’a détruit (3), et présente un enregistrement à l’opposé de ce que le public attendait comme successeur pour In Utero. Docile, celui-ci suivra quand même en masse, sensible à la beauté de ce chant du cygne, sans pour autant y comprendre grand-chose…

 

 

(1)   c’est dire comme j’étais inculte….

 

(2)   Il est toujours bon de le rappeler. Je me souviens d’une théorie parmi les centaines plus ou moins farfelues qui pullulaient à l’époque prétendant que Cobain s’était suicidé car il ne savait pas suffisamment bien jouer de la guitare pour répondre aux attentes d’un si nombreux public….

 

(3)   Et qui ne fit pas que du bien aux Meat Puppets, à tout jamais prisonniers de l’ombre de Nirvana, éblouis par une mise en lumière involontaire et trop soudaine.


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