EMILY JANE WHITE - 06 Février 2009 - Epicerie Moderne - FEYZIN  (CONCERT) posté le dimanche 07 février 2010 21:07

Encore une fois, il pleut lorsque je prends ma voiture qui connait le chemin de l’Epicerie par cœur. Le record d’Alela Diane est battu en termes d’affluence, la queue qui serpente devant l’entrée est impressionnante.  Un peu plus loin, devant moi, doivent se trouver JP et Daniel. Enfin, je l’espère, parce que c’est plutôt pour les voir que je suis venu ce soir, ayant déjà vu Emily Jane White deux fois l’année dernière, sans parler de la sortie décevante de son second album depuis…  Le binôme de Next me rejoint à ma table, où les attends une bière, et nous discutons en attendant La buZe. Ce dernier ne viendra pas, le fourbe, ruinant les retrouvailles espérées des 4 fantastiques. Pas grave, Daniel connait la moitié du public, il sera d’ailleurs difficile de lui parler tant il est sollicité. C’est tout le problème d’être une star de la blogosphère….

Mais voici que nous sommes en retard pour la première partie. Il s’agit de Julien Pras, leader du groupe Calc originaire de Bordeaux (ville où il a du rencontrer Emily Jane White, qui y a fait ses études), et qui officie maintenant en solo. Le voici donc avec sa guitare folk, un peu intimidé, mais se servant de sa maladresse et de sa gêne pour faire rire le public. Je n’ai pas vraiment apprécié sa voix, trop aigue à mon gout, mais il faut reconnaitre que ses compositions sont vraiment magnifiques. A quelques reprises, elles seront même sublimées par l’aide discrète de Jen Grady, d’Emily et du groupe au complet pour le dernier titre. Le public est charmé, et félicite le jeune homme qui le salue timidement.

Il est temps de reboire une petite bière avec les potes, Daniel en profite pour me filer un CD gravé plein jusqu’à la gueule de Live du Gun Club, 48h à peine après avoir appris que je ne connaissais pas l’illustre groupe de Jeffrey Lee Pierce. Des rumeurs courent sur la deuxième partie, il parait que c’est un gamin de 13 ans et que c’est tout nul… d’ailleurs il a déjà commencé, bordel, nous sommes une nouvelle fois à la bourre !

Le gamin en question, effectivement très jeune, se nomme Zak Laughed, et il a attaqué seul son set par quelques titres folk. Sa voix est assez fascinante, et constitue la principale originalité de sa musique : on dirait la Chan Marshall des débuts qui chanterai un peu faux, c’est assez étrange. Zak Laughed est rejoint par son groupe, trois gars d’une vingtaine d’année avec des tronches pas possible. Nous aussi on a ressemblé à ca ? Le groupe propose des compositions très simples et très inspirées par des groupes comme Sparklehorse ou Eels (ils ont d’ailleurs le même Wurlitzer que le sexy Granpa).  Plutôt que d’être irrité par la morgue du morveux, le manque d’ambition des titres et le pompage de plusieurs de mes artistes favoris (ou les trois à la fois, comme ce titre qui est un copié collé de « My Beloved Monster », soit le morceau le plus simplissime de Eels), je décide de profiter de ce bon moment de rock, énergique et bien huilé. Je préfère décidément ce genre de choses déjà entendues à tout les machins alambiqués et surproduits qui ont trusté l’actualité de 2009. Le gamin revient interpréter seul un morceau folk mélancolique, ce qui vaudra ce commentaire avisé de Daniel : « putain, il doit pas avoir d’amis, vu ce qu’écoutent les gosses de son âge… ».

Y aura-t-il quelques différences avec le concert de l’année dernière ? C’est la question que je me pose lorsqu’Emily Jane White et son groupe entrent en scène.  L’effectif est augmenté de la violoniste habituelle (absente la dernière fois), et de Julien Pras qui tient la basse pour cette tournée.  Pour le reste, le concert sera assez similaire. Le début est assez laborieux,  je prends mon mal en patience jusqu’au morceau « Frozen Heart »,  qui décolle bien sur scène.  Le concert est lancé, avec le très beau « A shot Rang Out » qui suit, jusqu’à l’introduction d’un nouveau morceau, une valse assez appuyée que je n’ai pas trouvée très convaincante.  Le final est idéal, avec un « Red Dress » qui contre toute attente se révèle vraiment bon en live, puis les deux meilleurs titres du dernier album, « Liza » et « Victorian America », où les secondes voix font merveille.  Après un rappel classique, ponctué par le toujours terrible « Hole in the Middle », Emily Jane White revient seule sur scène pour un deuxième rappel qui prend de surprise les blaireaux irrespectueux qui ont quitté leurs fauteuils après le rappel réglementaire. La chanteuse interprète deux nouveaux titres avec sa guitare, plaisants mais beaucoup trop similaires à ceux qu’elle à déjà écrits… Bref, un concert sympa, sans plus, avis partagé par le groupe de spectateurs que je retrouve au bar.

J’ai alors le plaisir de discuter plus longuement avec la bande de Daniel. On partage nos impressions sur le set avec JP, qui, timide, n’osera aborder  la délicate violoncelliste Jen Grady  avec qui il correspond régulièrement. Un collègue nous raconte le reportage qu’il a tourné sur Suicide, le virage vieux con qu’a pris Alan Vega à l’inverse d’un Martin Rev sympa avec qui il a voyagé en Europe. Un autre raconte des anecdotes sur le passé tumultueux du groupe Next, que je ne dévoilerai pas sur ce blog, pour ne pas nuire à leur réputation.  Avec Daniel, nous évoquons JLP, Luc Besson, Alvin et les Chipmunks, le groupe « le catcheur et sa pute », Vic Chesnutt, j’en passe et des meilleures,  bref, c’est du délire comme d’habitude.  J’assiste même à une scène surréaliste où Daniel, en chaussettes,  fera quelques exercices physiques avec son coach sportif en plein milieu du bar de l’Epicerie ! Rien que pour ca je ne regrette pas d’être venu…

Wikipedia est formel : les Chipmunks sont des petits écureuils qui chantent en accéléré… je sais pas quelle drogue circule à Macon, mais j’en voudrais bien un peu….

Setlist: the Ravens - Red Serpent - Stairs - Bessie Smith - Frozen Heart - A Shot Rang Out - the Baby - Time on your Side - New One (the Waltz) - Red Dress - Liza - Victorian America // Wild Tigers I Have Known - the Country Life - Hole in the Middle // New One - New One

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DRAGONSLAYER - NORTH STAR DESERTER - AT THE CUT  (ALBUMS EMPRUNTES) posté le samedi 06 février 2010 18:57

Je poursuis la présentation des membres de HELLO DARKNESS. Après avoir donné mon avis sur deux des disques favoris de Damien sortis en 2009, c'est au tour de deux disques plébiscités par Julien. En fait, j'ai pris une petite liberté puisque je commente plus North Star Deserter (sorti en 2007) que At the Cut car comme Julien, j'ai une préférence pour cet album.

Sunset Rubdown – Dragonslayer

J’entendais chaque mardi depuis que cet album est sorti Julien me répéter inlassablement que c’était un pur chef d’œuvre. De guerre lasse, je décide de lui emprunter sans en être convaincu, puisque malgré une base commune assez conséquente, il y a tout un axe musical ensoleillé dont il est grand fan et que je trouve dans le meilleur des cas plaisant, et dans le pire inécoutable (j’en avais fais la cruelle expérience avec Neutral Milk Hotel).  Aussi ne fus je pas surpris de n’être que moyennement emballé par Dragonslayer, bien qu’il me fallut pas mal de temps pour en déterminer les raisons. Car cet album regorge de qualités. Tout d’abord l’utilisation en alternance (ou en duo) d’une voix masculine et d’une autre féminine, du plus bel effet comme par exemple sur « Silver Moon », l’excellent morceau introductif. Des rythmes entrainants fort bons, notamment sur les intros de la plupart des titres, qui attrapent directement l’attention de l’auditeur. Ces deux paramètres ont valu à Sunset Rubdown de nombreuses comparaisons (plutôt justifiées) avec leurs illustres compatriotes d’Arcade Fire.  Mais c’est la guitare qui m’a le plus accroché sur cet album, un son bien dosé et agréable, relativement discrète mais sachant s’imposer au bon moment, proposant aussi bien de jolies mélodies (« Apollo ») que des passages noisy  savoureux (« Black Swan »).  L’ensemble est cohérent, seul le morceau « Paper Lace », m’a semblé  en deca, un peu irritant à vrai dire…  Mais pourquoi alors n’ai-je pas été complètement sous le charme de Dragonslayer ? Premièrement un chant que j’ai trouvé trop démonstratif, avec des « oh oh oh » partout, chose qui vraiment m’est insupportable. Et puis il y a la structure des morceaux, quasiment tous trop longs (48 mn pour 8 titres) et assez complexes. Attentif pour l’intro, il arrivait souvent que mon esprit vagabonde au bout d’un moment, avant d’être récupéré par un passage particulièrement bon, un va et vient inhabituel qui explique peut être pourquoi j’ai nettement préféré l’écoute de ce disque au casque plutôt que sur ma chaine (c’est je crois la première fois que cela m’arrive).  Autant dire que je sors quand même un carton rouge aux 10 mn de « Dragon’s Lair », je n’ai jamais réussi à me concentrer sur toute sa durée d’autant plus qu’il est à la fin du disque (mais cela  aurait été une grave erreur que de le mettre au début, je n’aurai alors jamais eu le courage de poser Dragonslayer sur la platine).  Bref, un bilan mitigé pour moi, mais il fait un Best Album 2009 tout à fait crédible pour ceux qu’un titre nommé « Apollo and the Buffalo and Anna Anna Anna Oh ! »* ne fait pas fuir à toutes jambes… Un pur chef d’œuvre ? Possible...

* tout les défauts que je trouve à cet album sont contenus dans le nom de cette chanson…

 Vic Chesnutt – North Star Deserter & At the Cut

« Splendidly full of life, wandering the countryside… »

Vic  Chesnutt est un des artistes qui a donné envie à Julien de faire de la musique. Le fait qu’il en parle régulièrement, associé à la quasi unanimité des bloggueurs concernant l’excellence de l’album At the Cut sorti en 2009, m’avait donné envie de découvrir cet artiste, et ce avant son tragique décès. Dans les hommages qui ont suivi, je me suis rendu compte que je connaissais pas mal de ses titres les plus connus au travers du tribute Sweet Relief II, que je n’avais pas laissé passé en bon fan des Smashing Pumpkins que je fus.  Y participais aussi Mark Linkous, dans une filiation musicale (et dans leurs expériences personnelles)  évidente à l’écoute des albums de Chesnutt. La carrière du compositeur paraplégique fut ponctuée de rencontres, comme celle avec REM qui fut à l’origine de la sortie de ses premiers albums de folk aride.  Une vingtaine d’années plus tard, c’est le label Constellation qui sort de l’ombre l’artiste oublié, publiant un album teinté d’une magie qu’on ne ressent que sur ce genre de rencontres, osmose et respect mutuel éclairant les 12 titres de North Star Deserter, qu’il s’agisse de la folk dépouillée de « Warm » (guitare classique + contrebasse) ou des longues épopées post rock poignantes comme le nostalgique « Splendid ».  C’est à ces derniers que va ma préférence, notamment lorsque les guitares électriques et la batterie du Silver Mt.Zion Memorial Orchestra s’emparent de la rage du corps frêle du chanteur, la personnifient jusqu’à l’excès, avant de s’incliner devant sa voix magistrale, de se taire pour l’écouter, et de traduire musicalement le poème par de nouveaux éclats fulgurants.  « Everything I say » ou « Debriefing », sont des titres qui marquent l’auditeur et qui font peut être la différence avec  At the Cut, moins généreux en poussées fiévreuses.  Ne négligeons pas cependant les titres acoustiques, tant la voix de Vic Chesnutt, aussi bouleversante qu’elle est sincère, n’a besoin que de quelques notes pour toucher l’auditeur.  Après une première face de chauffe, marquée  par le chant déchirant de « Glossolalia » et les chœurs de « You are Never Alone », North Star Deserter prend véritablement son envol, tel le pigeon de la belle pochette, avec la reprise sur le fil de Nina Simone « Fodder on her Wings ». L’album restera ensuite dans les hautes sphères, jusqu’à l’apogée « Marathon ».  Quels sentiments traversent l’auteur alors qu’il décrit cet entrainement solitaire d’un coureur de fond, lui qui ne sort de son fauteuil roulant que par la pensée et la musique ? Une interrogation qui augmente encore d’un cran l’émotion qui me saisi à chaque fois que j’écoute ce titre.  At the Cut est peut être un album plus exigeant, même si le morceau qui l’entame ne laisse que peut de doutes quant à la qualité de ce qui va suivre. Les cris de Vic Chesnutt sur « Coward », morceau à la fois intense, électrique   et magnifiquement arrangé, résonnent dans le cœur de l’auditeur longtemps après la fin du disque.  Sur les autres titres, à l’exception de « Chinaberry Tree » tout aussi intense, les musiciens de Constellation seront plus en retrait, au service de la voix de Vic Chesnutt, et de ses textes.  Les paroles sont souvent secondaires pour moi, mais quand elles sont aussi magnifiques que celles de « Granny » ou de la prière « Flirted with you all my life »,  et qu’elles font écho à la musique simple et mélancolique de ces chansons,  on est irrésistiblement tenté de les relire, les interpréter, les traduire… Pour le reste, je vous oriente vers l’excellent article de Thom, avec lequel je suis en parfait accord, notamment sur l’évocation de Nick Cave (sur « Philip Guston ») et d’un Ben Harper possédé (la comparaison vaut sur pas mal de titres). J’espère qu’il ne m’en voudra pas de lui emprunter son impeccable conclusion : il y a tout sur At the Cut, tous les styles et toutes les émotions d'une vie compilées en dix chansons. Une vie pleine de fêlures, de tendresse et de renoncement. »  Et je vous laisse avec cet extrait du flirt de Vic et de la Mort, eux qui ont finit par s’unir ce 25 décembre 2009.

« I flirted with you all my life, even kissed you once or twice, and to this day i swear i twas nice, but clearly i was not ready… »

 

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JANVIER 2010  (Achats du mois) posté le jeudi 04 février 2010 00:25

the DAMNED - the Black Album (Double Vinyle)

DAVID BOWIE - Low (Vinyle)

DAVID BOWIE - Heroes (Vinyle)

DAVID BOWIE - Aladdin Sane (Vinyle)

GEMMA HAYES - Night On My Side

GEMMA HAYES - Work to a Calm EP

MICAH P. HINSON - and the Red Empire Orchestra

the DELANO ORCHESTRA - a Little Girl, a Little Boy and all the Snails they have Drawn

MALCOLM MIDDLETON - Girls Songs EP (Vinyle)

FRANZ FERDINAND - You Could Have It So Much Better

SONIC YOUTH - the Eternal

MATT ELLIOTT - Drinking Songs + Failing Songs + Howling Songs + Failed Songs (Coffret 7 Vinyles + 1 DVD Live @ le Grand Mix)

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SOMETIMES I WISH WE WERE AN EAGLE - THE ETERNAL  (ALBUMS EMPRUNTES) posté le jeudi 28 janvier 2010 23:19

Après avoir présenté les potes qui m'accompagnent au sein d'HELLO DARKNESS, voici mon avis sur une petite sélection de leurs albums favoris sortis en 2009. On commence par Damien, dont les conseils sont toujours avisés, sauf évidemment lorsqu'il s'agit de ses groupes favoris: comme tout le monde, il perd alors toute objectivité. Bill Callahan et Sonic Youth étant parmi les groupes dont il est le plus fan, je ne savais pas comment prendre la présence de ces deux albums dans son top 2009 personnel. Me voici fixé maintenant....

Bill Callahan – Sometimes I Wish we were an Eagle

Ah ah, sacré Daniel, qu’est ce qu’il lui a mis dans la tronche, au Bill !! C’est toujours un plaisir de lire quelqu’un qui ignore la langue de bois, et qui rue un peu dans les brancards trop policés de la blogosphère.  Bon, ce qui est dommage, c’est que sur ce coup, Daniel a plutôt tort. Oui parce que franchement, Bill Callahan chante sur cet album, il chante même mieux que sur pas mal de trucs de Smog que j’ai écouté auparavant.  Et puis avec la voix qu’il a, il peut à peu près tout se permettre…. Ceci dit, cela ne m’a pas empêché, à la première écoute, de trouver Sometimes I Wish we were an Eagle terriblement chiant, à l’exception notable de « All thoughts are prey to some beast », qui avec  son coté hypnotique et le décalage de ton qu’il offre m’a immédiatement plu. Quelques autres titres au fil des écoutes (« Jim Cain », »My Friend ») m’ont fait partiellement réviser mon jugement, mais dans l’ensemble, on est très loin du disque magnifique qui s’affiche à longueur de Top 2009. Des arpèges entendus cent fois, et des arrangements précieux qui s’accordent mal à ce style de compositions burinées par des années de folk aride, esquissent le contour musical d’un album qui finira rapidement à prendre la poussière entre deux Bonnie Prince Billy dans les étagères à CDs du lecteur de blogs trop confiant ou du fan transit absolu de Callahan. A moins de le ressortir le dimanche à l’heure de la sieste, en ayant eu soin de s’allonger confortablement. Car si l’interminable final « Faith/Void » ne pourra assurément pas faire mourir d’ennui l’auditeur (comme l’affirme un Daniel décidément en forme),  il risque quand même de le faire tomber de sommeil.

Sonic Youth – the Eternal

Malgré des critiques  dithyrambiques  à la sortie de Rather Ripped, j’avais trouvé cet album incroyablement paresseux (je me suis peut être trompé, je ne l’ai pas réécouté depuis).  J’étais donc particulièrement soupçonneux en posant sur la platine the Eternal, album qui a reçu, comme il se doit, des critiques dithyrambiques.  C’était oublier que la carrière de Sonic Youth a toujours été faite de hauts et de bas (ces derniers moins nombreux, cela dit). On est d’emblée séduit par le début de l’album, un « Sacred Trickster » expéditif qui va chercher au delà de la frontière symbolique  du Washing Machine aux racines punk rock de Sonic Youth, enchainé avec « Anti-Orgasm », sans doute le meilleur titre de the Eternal, celui qui en tout cas le représente le mieux. Un début fleurant bon les rythmiques Kraut Rock , une pause en forme de démonstration de Steve Shelley qui prouve tout au long de l’album qu’il est l’un des meilleurs batteurs du monde, puis un final plus mélodique, achevant un véritable étalage de toutes les sonorités du vieux groupe toujours jeune.  Voilà sans doute la plus grande qualité de the Eternal, une belle alternance de morceaux rocks sans fioritures (« Calming the Snake », avec encore Kim Gordon au chant), et de longs développement tortueux incluant des pauses larsenisantes dans la plus pure tradition du groupe (« Antenna »). Par petites touches, transparaissent les influences – punk rock, kraut rock, et la matrice VU (« Poison Arrow » et son chant supercool) -  et les 25 ans de carrière et création qui en ont découlé.  On entend déjà se plaindre ceux qui estiment que Sonic Youth fait toujours la même chose et n’invente plus rien. Particulièrement imbécile, voire injuste. Faudrait il jeter aux orties ce savoir faire inégalé, cette expérience qui les consacre aujourd’hui  comme les maitres du « rock indé », et qui fait la richesse d’albums comme celui-ci ? Cela n’empêche pas, contrairement à de nombreux journalistes, de garder une oreille critique. Que, eut égard à un album qui s’inscrit dans la continuité d’une carrière bien remplie, on ne consacre pas la dernière production de Sonic Youth  album de l’année, soit. Mais the Eternal mérite indéniablement de figurer dans les excellentes sorties de 2009, et il n’y en a pas eu tant que ca…

Prochainement, ma chronique sur deux disques sélectionnés par Julien....

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ARCHIVE - 25 Janvier 2010 - Transbordeur - Lyon  (CONCERT) posté le mardi 26 janvier 2010 19:16

Depuis ma chronique désespérée de Controlling Crowds, Archive a ajouté une partie à son concept album, sortie en disque supplémentaire sous le nom de Controlling Crowds part IV, et qui logiquement s’inscrit dans sa continuité, quoiqu’il y ait quand même plus de titres que j’y apprécie. Malgré mon manque d’enthousiasme pour ces derniers opus, je n’ai pas oublié la terrible performance d’Archive au transbordeur en 2006, et je sautais sur les billets de concert dès leur mise en vente. Pas assez vite cependant pour avoir une place en fin d’année dernière, heureusement le groupe avait prévu deux dates à Lyon à quelques mois d’intervalles. Cela fait d’ailleurs bien longtemps que je n’ai pas vu concert aussi bondé, je n’ai plus l’habitude et me pointe un peu après l’heure inscrite sur le billet, ce qui m’oblige à me garer scandaleusement mal, la plupart des spectateurs étant déjà sur place et ayant placé leur véhicule sur la moindre surface légale ou illégale autour du Transbordeur. Autre surprise, la première partie a non seulement débuté son set, mais celui-ci est en fait quasiment terminé à 20h45 (pour un horaire indiqué à 20h30) : ca non plus je n’ai pas l’habitude ! Du peu que j’ai pu voir de Slow Milk, je peux dire qu’ils sont français, encore débutant sur scène (cf  les discours maladroit du guitariste et les séances d’accordage), et qu’ils jouent un rock planant très proche du Archive d’il y a quelques temps (donc pas très nouveau, mais sympa). Je contourne la foule par la gauche et me place à quelques mètres de la scène pour attendre les anglais, qui monteront sur scène après une bonne demi-heure de réglages.

Sous les acclamations du nombreux public (moyenne d’âge un peu plus de 20 ans, avec de nombreux couples qui se bécotent),  Darius Keeler et Danny Griffiths se placent derrière leur clavier de chaque coté de la scène, et lancent le premier titre alors que leurs collègues viennent  progressivement les rejoindre. Le bassiste (je crois que c’est le même que la dernière tournée) a gagné quelques cheveux et beaucoup d’assurance, il n’hésite plus à sortir de l’ombre, à bouger et même à sauter si le titre s’y prête. Le batteur « Smiley », qui porte bien son surnom, est toujours aussi excellent, cette paire rythmique est une des meilleures raisons de voir Archive sur scène. David Penney (aka immonde chevelu) a coupé un peu sa tignasse, il est de moins en moins convainquant en live, d’ailleurs le niveau de son micro et des divers instruments qu’il utilise est très bas par rapport à celui des autres. Le petit nouveau Pollard Berrier a semble-t-il récupéré la perruque de son pote, quand il n’assure pas le chant principal (c'est-à-dire pendant les ¾ du concert), son rôle se cantonnera à porter une Gibson blanche en hochant de la tête, d’autant plus que le guitariste Steeve Harris (qui n’a plus le crane rasé) assure aussi  d’excellentes secondes voix. Enfin Maria Q viendra avec élégance et assurance apporter la touche féminine au son du groupe avec sa belle voix chaleureuse. Les voici donc tous là pour « Pills », morceau introduisant le Controlling Crowds Part IV, ma foi idéal pour lancer la machine. Archive enchaine directement par deux anciens titres très efficaces, « Sane » et « Finding it so hard », prolongeant ce dernier en l’intensifiant à l’infini : ce sera pour moi l’apogée du concert. Mais voici qu’entre en scène un petit nouveau, avec ses longues dreads, son regard sérieux et son balancement métronomique, il a la grande classe ; En fait, il s’agit de Rosko John, fondateur du groupe à l’époque du Londinium. Il interprète avec brio tout les titres hip hop du set, c’est je pense le principal intérêt des derniers albums et de cette tournée, malheureusement ce n’est pas du tout mon style… Quatre titres de Controlling Crowds sont alors enchainés, dont « Collapsed / Collide », aussi long et chiant que sur l’album. Je m’emmerde un peu, surtout que les titres ne sont presque pas transformés par rapport aux versions studio, et je passe le temps en observant le batteur et en essayant de retenir quelques riffs. Un « Fuck U » salvateur me sort de ma torpeur, je m’éclate un moment puis Rosko John revient sur scène. Suivent deux titres de Controlling Crowds part IV, ils sont plutôt bons mais trop sages, « Blood in Numbers » qui pourtant se prêtait bien à un long développement rock qu’Archive affectionne est ainsi brutalement interrompu au moment ou le public était prêt à être emporté. Après un « You Make me Feel » toujours très bon, Archive arrive enfin à faire décoller un de ses nouveaux titres. L’emballement sur « Dangervisit » est tel que le groupe, d’habitude si carré, en arrive presque à s’emmêler les pinceaux. Après ce bon moment, le groupe nous inflige malheureusement le morceau « Lights », aussi long et chiant (encore !) que sur l’album du même nom. L’envie d’une bonne bière me prend progressivement, et je lutte pour ne pas craquer. Après une courte pause, Archive revient interpréter « Controlling Crowds » et « Bullets », qui sont probablement les meilleurs morceaux de Controlling Crowds mais qui font quand même ressortir le manque d’inspiration d’un groupe recyclant depuis trop longtemps ses vieilles recettes. Une grosse clameur monte du public lors de l’intro de « Bullets », j’ai l’étrange impression que tout le monde a cru entendre celle de « Again », toujours attendue et qui ne sera pas jouée ce soir, mais je peux me tromper (après tout « Bullets » est le single du dernier album). Pour « So Few Words », exhumé de Londinium, le groupe est au complet sur scène, il est assez symbolique que 9 personnes soient nécessaires pour interpréter ce trip hop classique : ils sont au moins 3 à ne servir à rien, et à l’extrême limite une boite à rythme et un chanteur eussent suffit…. Le concert s’achève sur un « Pulse » de bon aloi, comme pour alimenter mes regrets sur une setlist écrasée par les nouveaux morceaux…

En passant devant le marchandising en début de soirée, j’avais été attiré par un double album Live en édition limitée, enregistré au Zénith pendant cette tournée, le genre de collector sur lequel je me jette à n’importe quel prix. Deux heures d’Archive plus tard, je me dirige rapidement vers ma voiture sans faire de détour : cette fois, ils n’auront pas mes sous…

 

Setlist : Pills – Sane – Finding it so hard – Razed to the ground – Collapsed/Collide – Bastardized Ink – Kings of Speed – Fuck You – Lines – Blood in Numbers – You make me Feel – Dangervisit – Lights // Controlling Crowds – Bullets – So Few Words - Pulse

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