PETE DOHERTY, le Jérome Kerviel du Rock...  (MUSICAL GAMES) posté le dimanche 29 novembre 2009 14:09

pete doherty

Ouais, un Top of the Flops !! Quel plaisir d’attaquer un album des années 2000 trop encensé et pourtant plein de défauts, un artiste porté aux nues alors que son œuvre, si elle n’est pas dénuée d’intérêts, couvre de son ombre médiatique des perles bien plus indispensables… Sauf que, il faut bien l’avouer, les albums les plus reconnus de cette décennie m’ont inspiré soit de l’admiration, soit la plus grande indifférence, mais jamais l’entre deux nécessaire à l’exercice proposé par Thom. Il y a bien le gars Pete, mais je n’ai pas grand-chose à dire sur ses albums. Cela dit, le personnage, quand même, quel foutage de gueule ! Quand j’ai lu pas plus tard qu’ici qu’il représentait le rock des années 2000, j’ai bondit sur mon clavier pour rétablir la vérité vraie sur ce monsieur Doherty, vérité que seuls des enquêteurs de ma trempe peuvent connaître. J’ai été menacé, ironiquement par l’organisateur lui-même du Top of the Flops, et aussi par Pete Doherty qui ayant eu vent de mon projet m’envoya vite fait l’album Grace/Wasteland pour me faire changer d’avis. Mais non, je resterai incorruptible ! Car après des recherches minutieuses, je suis en mesure d’assurer que Pete Doherty a été inscrit dès son plus jeune age à la Commercial High School of Rock N Roll, fondée par le grand Elvis lui-même.

Si on observe sa carrière en gardant cette information en tête, on s’aperçoit que Pete a suivit l’exemple de nombre de ses frères étudiants des promos précédentes, au lieu d’être bêtement rock n’roll comme Johnny Thunders ou Stiv Bators qui sont morts comme des cons sans une thune en poche. Car le petit Peter ambitionne très tôt de s’en mettre plein les fouilles sans en branler une, et nous pourrons entendre dès Up the Bracket qu’il n’est pas aisé de jouer de la guitare lorsqu’on a un énorme poil dans la main. C’est lors d’un cours d’économie du professeur  Bono que Pete Doherty apprend la fameuse technique de Bill Gates. Ben ouais, vous savez, le commercial qui associé à M. Untel, informaticien  génial créateur du logiciel Windows, imposa sa marque sur toute la planète. Plus personne ne se souvient du mec technique, par contre le VRP est devenu milliardaire et symbole de réussite. Pete Doherty s’associe donc à un bon musicien pour fonder les Libertines. Ah le Carl Barat, il lui en a fallu de la patience pour accoucher de deux albums potables, avec un branquignole comme Doherty, qui s’emploie surtout à attirer l’attention  comme il l’a bien appris à l’école. A l’heure des travaux pratiques, Doherty reprend aux Gallagher le coup  de la baston fratricide, un retour sur investissement « crédibilité Rock n’roll » qui a fait ses preuves. Puis, promo antérieures encore, le fameux  «trip drogue avec copine » de Sid Vicious, une assurance de célébrité dans le monde de charognards médiatiques qui nous entourent. Particulièrement doué, Doherty précipite son camarade dans l’oubli alors que s’en servant de marche pied il s’élève et devient le symbole du rocker des 2ks. Le moindre de ses gestes et de ses fringues est pris en modèle par une génération qui ignore tout des Who ou de Led Zep. Tout se que touche Pete devient rock, et on croise dès lors des tas de jeunes hommes un chapeau bien en place sur la mèche rebelle. Un chapeau, putain, mais Slash en avait un aussi, et avant lui Bozo le clown ! Si Pete Doherty avait décidé que se mettre une plume dans le fion était rock, on aurait vu de gros pigeons un peu partout dans le 16eme à Paris.

Comme il n’y a pas de petits gains, ce grand rocker se fera recruter dans l’industrie de la mode, même si on a rarement vu Jim Morrisson défiler sur les podiums de ces tisseurs aussi cocainés qu’efféminés. C’est à cette époque que la pouffe hype du grand journal fait de Pete son idole, ce qui suffirait à prouver que ce prétendu symbole du rock n’est qu’une baudruche à la tête bien faite mais plus familier de buzz que de Boss. D’ailleurs les Libertines, c’est un peu comme Windows, ça suffit à une majorité de gens mais les vrais connaisseurs, eux, savent qu’il y a plein de bugs et se dépêchent de passer à autre chose. Trop tard, les actions  Doherty s’envolent, notre homme peut ainsi passer à la vitesse supérieure et exiger un taux de rentabilité glande / pognon jamais atteint depuis Nirvana. Il fonde ainsi les Babyshambles, et rafle la mise avec deux albums qui n’arrivent pas à la cheville de ceux des Libertines, ce qui n’est pas peu dire. Il développe aussi le fameux concept du concert  désert, c'est-à-dire faire payer des gens pour qu’il ne le voient pas jouer (il peut ainsi aller se faire photographier pendant ce temps là). Les gars d’Oasis d’ailleurs, vexés de s’être fait doubler par un jeunot, amélioreront le procédé avec un fameux mixe baston fratricide / concert désert resté dans les mémoires (surtout pour les spectateurs de Rock en Seine).

Hélas, comme toute opération financière comporte des risques, le montage de la Doherty Corporation commence sérieusement  à battre de l’aile, notamment par l’assaut de petits jeunes concurrents pas plus con que lui qui avaient potassé les annales de la Commercial HS of RNR et marchaient sérieusement sur ses plates bandes. Pete Doherty se voyait déjà dans les oubliettes de l’histoire du rock, obligé de taper pendant des années dans son pécule et de finir au fond d’une cambrousse à sortir tout les 6 mois un album dont tout le monde se fout pour se maintenir un semblant d’actualité (je vous laisse deviner qui vient de se prendre un tacle). Certes il aurait pu ressortir le cours du professeur Jackson, qui expliquait comment, après une période de 10 ans sans vendre un seul disque, écouler des palettes entières de galettes indigestes, films, objets divers, et retrouver récompenses, honneur et gloire sans bouger le petit doigt (ou à peine). Le seul ennui c’est qu’il faut mourir… et Pete Doherty ben tant qu’il s’agit de mettre des jeans slims et de chanter faux ça va, mais faire un truc aussi rock que mourir avant 30 ans… D’où Grace/Wasteland, un album sympa, bien travaillé, et à peu près aux antipodes de ce que pourrait produire un vrai Symbole du Rock des années 2000. Peter enterrait Pete en vendant d’un coup toutes ses actions RNR, mangeant du même coup cet imbécile chapeau, accessoire d’un acteur plus que d’un musicien…

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Tous les commentaires de l'article:
PETE DOHERTY, le Jérome Kerviel du Rock...

  • blinkinglights mer 02 déc 2009 17:56
    Non Yosemite, tout les jours tu vends tes albums favoris en en parlant avec conviction (tes derniers coups de coeur, il t'en reste beaucoup en magasin??)
    du coup tu n'as plus trop besoin de le faire ailleurs, notamment sur un blog ;)

  • yosemite.

    mer 02 déc 2009 11:11

    c'est vrai que parfois, je me sens un peu comme Seb... lassé d'aller chercher la nouveauté pour la défendre aux oreilles des autres, tout en la cherchant en permanence , et surtout lassé de discuter de ce que je trouve mauvais... (je ne vais quand même pas faire un papier sur la toujours surcotée PJ Harvey que je n'ai jamais apprécié : c'est peut-être pour ça qu'il n'y a jamais d'articles destructeurs sur madame... juste parce qu'on s"en fout)

    d'où peut-être aussi la rareté de mes papiers en général...
    faut dire que je parle déjà musique toute la journée de par mon métier

  • blinkinglights lun 30 nov 2009 22:27
    L'avantage en écrivant, c'est que ca fait moins Don Quichotte, c'est plus une espérance: si un jour, quelqu'un passant sur le blog, était convaincu par un article... et ceux qui disent du bien des trucs pourris, ils viennent pas chez moi...
    C'est vrai que le Top of the Flops, faut parfois etre blindé: pour l'instant ca m'a toujours fait marrer. Le coté masochiste est annulé par le coté sadique de sa propre participation!!
    à plus !!

  • Seb

    lun 30 nov 2009 21:02

    Merci d'avoir réussi à insérer ce commentaire!
    Eh oui, je me suis adonné à ce genre de péché. Quoique je n'aie jamais trop déliré au second degré sur la musique (un peu triste l'animal). Ou alors en des circonstances oubliées.
    J'ai depuis quelques temps renoncé à encenser des groupes inconnus (ou alors seulement avec des gens qui potentiellement pouvaient apprécier) et laissé dire du bien de trucs pourris sans rien dire.
    Plus le courage. Me sentais un peu Don Quichotte.
    J'avoue que la lecture de la chronique sur Songs for the Deaf fait mal. Probablement parce que derrière chaque ligne on se dit aussi que c'est un peu vrai. Du coup, j'ai évité d'aller lire les TOTF des autres albums que j'ai aimés, trop dangereux!
    Je laisse ces jeux masochistes à d'autres!
    Allez, bonne soirée les blogueurs!

  • blinkinglights lun 30 nov 2009 20:00
    Autre exemple, avec Christophe de Pop Hits qui l'année dernière a massacré ses albums favoris avec beaucoup de style! cette année, il a préféré taper avec de bons arguments sur le Songs for the Deaf, alors qu'il adore QOTSA, mais qu'il trouve cet album (le plus encensé du groupe) moins bon que ceux d'avant ou d'après (il critique donc ce qu'il a aimé la veille, mais aussi le lendemain).
    ta remarque sur les snobs est un débat qui ressort très souvent entre nous, surtout sur les blogs très lus où de pauvres quidams qui prennent tout au premier degré, ou n'ont aucun recul se font allegrement massacrer par des gens très connaisseurs. C'est un peu cruel, mais c'est la loi des blogs (et je pense que tu t'es adonné à ce péché à plusieurs reprises, non?).
    enfin ta conclusion est aussi un argument qui ressort quelquefois, auquel la réponse traditionnelle est: on parle de musique sérieusement toute l'année, on peut bien déconner une fois l'an !!

  • blinkinglights lun 30 nov 2009 20:00
    Salut Seb,
    ah j'en ai chié pour mettre ton comm, mais cela vallait le coup (je crois que musicblog n'aime pas les trucs trop longs, ce qui est fort dommage).
    tout d'abord n'ai crainte, tu es loin d'etre le seul à avoir émis des réserves sur le Top of the Flops, cela a meme créé cette année et l'année précédente de violentes joutes et brouilles entre amis bloggueurs.
    Le problème est que chacun interpréte les "règles" à sa manière. L'année dernière, j'avais "descendu" deux albums que j'aimais bien mais que je trouvais "surcotés", avec des arguments il me semble valables, le tout enveloppé dans la mauvaise foi et l'humour de rigueur. Cette année, comme l'a bien remarqué Thom dans le premier com, c'est beaucoup plus un exercice de style et d'humour, qu'une critique de fond, car objectivement je ne déteste pas la musique de Doherty. Déjà cela peut effectivement irriter, surtout si l'on est fan.
    Mais le but est de "désacraliser" certains monstres intouchables, et si Doherty ne l'est pas trop, un Thom Waits ou une PJ Harvey ne sont effectivement jamais critiqué. Les TOTF qui leur sont consacrés permettent de voir que ces artistes ne sont pas si parfaits, meme s'il faut pour cela grossir le trait. En ce sens tu te méprends, normalement les ventes ne rentrent pas en compte, seule l'aura qu'on estime injustifiée doit décider le chroniqueur pour un TOTF (d'ailleurs je ne sais pas si Tom Waits est un si gros vendeur).

  • SEB

    lun 30 nov 2009 19:42

    Enfin, l'attitude du pourfendeur me paraît tout aussi snob que celle des modèles décriés (Inrocks et autres). Je me classe donc de facto aussi parmi ces snobs, mais fort de cette conscience, et pour éviter de le paraître trop, j'évite donc de parler musique avec des gens dont je sais l'approche décalée par rapport à la mienne.

    Putain, je ne pensais pas que j'écrirais ça un jour !
    En conclusion, je pense que l'énergie des talentueux chrnoiqueurs serait mieux employée à mettre en lumière des groupes de l'ombre plutôt qu'à descendre des albums déjà vendus par millions...

  • SEB

    lun 30 nov 2009 19:39

    Salut Xav !

    D'abord, je te suis tout à fait pour ce pauvre Pete.
    Bon, je m'apprête à écrire quelque chose qui va me ranger d'emblée dans les bons vieux ringards ou donneurs de leçon. A pondérer du fait que j'ai souvent les mêmes penchants que ceux que je critique ci-dessous. Prends donc bien en compte que tout ce qui suit est écrit par quelqu'un qui a toujours d'emblé considéré que ce qui se vendait bien était suspect.

    Après avoir lu cet article, je suis donc le lien Top of the Flops, histoire de voir ce dont il s'agit (désolé, pas un habitué des blogs). Et là je suis un peu déçu.

    Si j'ai bien compris, le principe est de descendre des albums ou artistes injustement adulés. Intention louable, pouvant peut-être ouvrir des yeux innocents. Même si à mon avis ceux qui lisent ces chroniques sont déjà des convertis, reste le réconfort du défoulement et l'impression de rétablir un peu l'équilibre de ce bas monde.
    Mais l'exercice me paraît périlleux. Car rentrent dans la ligne de mire, sans discrimination, tous les albums ayant eus du succès. Or, là-dedans il y en a aussi certains qui sont réellement bons.
    Plusieurs choses qui me gènent donc :
    - le postulat que si un album a eu du succès, c'est qu'il a été conçu pour.
    - si un artiste a eu du succès avec un album, il est ensuite irrémédiablement corrompu et ne pourra plus rien produire de bon.

    De plus, le pourfendeur se trouvera toujours un jour à critiquer ce qu'il a aimé la veille, car régulièrement des groupes de l'ombre se retrouvent sous la lumière des projecteurs. Ca arrive de temps en temps, et je ne pense pas qu'il faille s'en plaindre.

  • blinkinglights lun 30 nov 2009 19:29
    Bien vu Klak, c'est exactement ca!

  • klak

    lun 30 nov 2009 18:55

    très bon la HS of RnR !
    les bons élèves déguisés en cancres, ça toujours était les meilleurs !