En avant pour la deuxième partie du
DAVID BOWIE BLOG TOUR
2009
Diamond Dogs (1974)
- Schizomusic
30/12/09
On l’a vu, avec Bowie on est souvent tenté
de parler d’album de transition, souvent à tort… Avec
Diamond Dogs, j’ai pourtant l’impression que cette
fois, ce serait à bon escient. D’ailleurs, la pochette
n’est elle pas significative, qui montre un hybride entre un
chien et le Bowie période Ziggy, comme si celui-ci affichais une
dernière fois son visage avant de s’effacer au profit de
quelque chose de pas encore très défini ? Car Bowie
s’est lancé seul dans la réalisation de Diamond Dogs,
puisqu’il avait congédié les légendaires Spiders from Mars
juste avant. L’ordre des chansons est d’ailleurs assez
symbolique, en premier lieu le glam rock habituel sur
« Diamond Dogs » puis le fantôme de « Rock n Roll
Suicide » qui vient hanter « Sweet Thing », titre
déjà moins conventionnel puisque coupé en deux par le bolide
« Candidate », diesel carburant au brame de saxos et
sauts de piano. En fait, lorsque « Sweet Thing » reprend,
le glam ne fait plus partie de la carrière de Bowie, et c’est
noyé sous un déluge de larsens qu’il s’offre une
dernière accélération en baroud d’honneur. Dès lors, Bowie
semble perdu, et pars un peu dans toutes les directions, pour le
meilleur et pour le pire. Le meilleur c’est bien sur le
fameux « Rebel Rebel », un incontournable semblant tiré
d’un best of des Rolling Stones, tandis que « Rock
n’ Roll with me » serait plutôt un mauvais
Beatles… Quant au pire, c’est pour moi ce
« 1984 », funk qui n’a pu être enregistré
qu’avec Boney M, je ne vois pas d’autre
explication… En gestation donc, les futurs tubes à
paillettes du disco Bowie. En gestation aussi, le Young Americans,
avec la profusion de saxophones qui s’éclatent tout au long
de ce Diamond Dogs. Sauf que là, plutôt que principal instrument
d’une musique aseptisée destiné à nous envaseliner les
portugaises, nous avons enfin ici une utilisation
optimale du
saxophone, entre accompagnement rythmique bien dosé et pourvoyeur
d’ambiance glauque à grands coups de grincements free jazz.
Et puisqu’on parle d’ambiance, en gestation aussi le
futur binôme Berlinois, sur les titres un peu plus atmosphériques
tels que « We are the Dead », peu immédiats mais dont on
se rend compte à la longue qu’ils sont aussi très bons. Pour
finir, j’ai souvent lu que Diamond Dogs avait aussi été
précurseur de
Outside, mais mis à part sur la petite intro précédent la chanson
titre, je ne l’ai pas retrouvé ici musicalement. Sans doute
est il fait allusion aux embryons d’expérimentations sonores
qu’on trouve sur Diamond Dogs, ainsi qu’à son thème
futuriste et malsain. Quoi qu’il en soit, c’est à un
véritable album charnière auquel on a affaire, et même s’il
contient moins de tubes marquants que beaucoup d’autres
albums de Bowie, il me parait assez indispensable de l’avoir
écouté tout aussi attentivement que Mlle Catherine n’a pas manqué de le
faire pour rédiger son article….
the Man who sold the
World (1970)
- Pop Hits
14/12/09 Soon....
Ah le con ! Cette discographie dans le
désordre, je l’ai déjà dit, a beaucoup d’avantages,
mais là pour le coup elle m’a joué un bien vilain
tour… à peine m’étais je ébaubi sur « Station to
Station » que je découvrais que 6 ans auparavant, Bowie avait déjà introduit un
album avec un long morceau à tiroirs. Dans le rôle du calmage
d’entrée, les trois parties de « Width of the
Circle » se posent là. Acoquiné avec l’embryon des Spiders from
Mars, et un nouveau venu du nom de Mike Ronson, Bowie relègue sa
guitare folk en arrière plan et laisse son groupe étaler
son savoir faire technique avec plus ou moins de bon gout. La
première composition passe nickel malgré sa longueur,
l’auditeur naviguant avec plaisir à partir d'un riff
descendant entêtant, de solo en pause acoustique (sonnant assez Who)
jusqu’à un final rock préfigurant le futur « Jean
Genie ». L’aisance des transitions et la qualité des
différentes parties du titre en font une composition excellente,
mais les deux suivantes moins bonnes laissent éclater au grand jour
la surenchère technique des trois sbires accompagnant Bowie. Un
coté théâtral rappelant parfois le Alice Cooper Band mais en moins
maitrisé (l’apogée de la ressemblance entre les deux
extravaguant chanteurs se fera cependant plus loin sur « Saviour
Machine », un titre plus réussi). Bowie calme heureusement le
jeu avec une ballade qu’auraient pu écrire les Beatles. Mais
voilà, les chœurs lugubres et l’espèce de pause à
l’orgue de barbarie en font un titre ironiquement bien plus
effrayant et transpirant la folie que « All the Madmen »,
malgré le dialogue et la flute décalée de ce dernier. L’album
se poursuit ainsi un peu en dents de scie, le glam rock
démonstratif de The Man Who Sold the World se montrant tour à tour
efficace (« Running Gun Blues ») et un peu lourdingue
(« She Shook me Cold », « the
Supermen »). Sans oublier bien sur, le joyau de
ballade acoustique perdu dans cet univers électrique, un « the
Man who sold the World » au célébrissime riff de guitare
qu’il n’est nul besoin de décrire ici plus longuement
et qui justifie à lui seul la possession de cet album qui, bien
qu’imparfait, fait partie des indispensables de l’homme
qui portait des robes… pas comme les demoiselles de chez
Christophe, qui les préfère
effeuillées….
Station to
Station (1976)
- Dr
FrankNfurter
14/12/09
Etape après étape, le David Bowie Blog Tour se
poursuit. Le voici bien avancé, alors que j’aborde ce grand
classique. Comment ne pas se montrer trop répétitif, comment
trouver l’inspiration ? Et pourtant, David Bowie aura
jusqu’à présent su me surprendre à chaque fois (en bien ou en
mal d’ailleurs), chaque album ayant sa marque de fabrique,
une originalité le rendant unique dans la discographie du Thin
White Duke – c’est ainsi qu’il se surnomme
lui-même dans le premier titre de cet album, et qu’on
l’appellera pendant encore un moment. Comme d’habitude,
je me suis bien planté en essayant de replacer ce disque dans la
chronologie des œuvres de Bowie. Il faut dire qu’il ne
ressemble (heureusement) en rien à son très pénible prédécesseur
(Young Americans), et qu’il ne préfigure pas non plus les
expérimentations du fabuleux binôme Berlinois qui suivra. Mais
qu’est ce qui caractérise donc cet album ? En premier
lieu, débuter l’album avec un titre étrange de plus de 10mn,
il fallait s’appeler Bowie pour le tenter à l’époque.
Certes, le coup des deux titres en un avait déjà été fait par
d’autres, mais « Station to Station » est un modèle
du genre. Ce lancinant voyage, semblant reproduire le rythme hypnotique d’un
train en marche, qui se transforme soudain en son milieu en pop
entrainée par un piano joyeux, est encore une originalité
parfaitement négociée par David Bowie et son groupe. On craint
forcément que la suite ne soit pas à la hauteur de cette entame, or
c’est tout l’inverse qui se produit. Carlos Alomar
aligne les riffs d’anthologie, et Bowie montre
l’étendue de son talent en seulement six titres.
« Golden Years » est un modèle de funk, mais est pourtant
surpassé par « Stay » et sa guitare extraordinaire.
« TVC15 », pop irrésistible, toujours avec un piano
guilleret et des claquements de mains, redonnerai la joie de vivre
à un poissard dépressif. Dans le registre mélancolique, Bowie
aligne deux perles, « Word on a Wing » et « Wild is
the Wind », où son chant est tout simplement extraordinaire.
« Wild is the Wind », que j’avais découvert en
introduction de l’excellent live à la BBC, et dont j’ai
appris aujourd’hui avec surprise qu’il s’agissait
d’une reprise de Nina Simone, termine l’album de
superbe manière, c’est un titre qui fait voyager et rêver
comme peu d’autres.
Vous me direz, un guitariste parfait, un groupe à
l’aise dans tout les registres, un Bowie au sommet de son art
vocalement, c’est du déjà lu, qu’est ce qui différencie
donc Station to Station des autres très bons albums de
Bowie décrits précédemment ? C’est simple, j’ai
cité tout les titres : dans Station to Station, il n’y a
pas une seule minute à jeter, fait pour l’instant unique dans
la discographie du Mince Duc Cocaïné Blanc. La
perfection, nul doute qu’elle sera au rendez vous dans la
chronique de ce cher Doc…
Aladdin
Sane (1973) - Arbobo
14/12/09
Un défi de taille pour les Spiders from
Mars : faire mieux que le classique Ziggy Stardust, album qui
avait propulsé l’année précédente Bowie au sommet, qui
l’avait définitivement placé parmi les plus grands…
Pour la première fois (mais pas la dernière, de loin), David Bowie
allait prouver qu’il était capable de relever le défi de
l’album attendu au tournant en étant, justement, là où on ne
l’attend pas. Déjà, le nom de l’album, la pochette, ont
quelque chose de fascinant qui présage du meilleur quant au
contenu. Un premier tour de chauffe réussi, « Watch that
Man », rock bien balancé comme pour faire transition avec le
légendaire album précédent, et Bowie n’attend pas plus pour
balancer sa bombe, j’ai nommé Mike Garson le pianiste fou.
« Aladdin Sane », titre sur lequel on fait connaissance
avec ses envolées de notes hallucinantes, est une des meilleures
compositions de notre caméléon favori, une de celles qui après une
entame plutôt mélancolique est retournée comme une crêpe par un
refrain entrainant en diable. Le cinquième larron, qui collabore
encore aujourd’hui avec Bowie, permet au groupe de se
renouveler en inventant un son qui sublime leur glam rock déjà pas
piqué des araignées. Non pas que les autres soient en reste, loin
de là : il faut entendre la basse énorme de « Panic in
Detroit », ou Mike Ronson s’en donner à cœur joie
sur « Cracked Actor », autre rock Stardustien, pour être
convaincu qu’Aladdin Sane n’avait pas besoin de Garson
pour devenir un classique ; Sauf qu’à cette époque, pour
Bowie, c’était chef d’œuvre ou rien. Et donc
« Time », une épopée grandiose et théâtrale d’un
style croisé chez Alice Cooper à l’époque et un peu plus tard
sur the Wall. On cherche en vain le nom Bob Ezrin crédité, mais
Bowie n’a pas eu besoin du producteur cinglé pour écrire
cette fresque mélancolique. Puis dans un esprit cabaret, le
sympathique « the Prettiest Star », enchainée avec une
version déjantée de « Let’s Spend the Night
Together », qui alimente bien des regrets quant au futur (et
plutôt raté) disque de reprises Pins Up. Aladdin Sane se conclue en
montrant tour à tour ses deux profils, par les titres les
représentant le mieux : « the Jean Genie », ou le
rock basé sur un riff de guitare tout bête transformé comme par
magie en tube fédérateur. Et « Lady Grinning Soul »,
chanson calme et douce emprunte de nostalgie (une ballade,
quoi…), qu’on eut trouvé fade chez les autres, et qui
est merveilleuse chez Bowie. Sans aucun doute un des meilleurs
albums des 70’s, qui ne manque pourtant pas de concurrents,
et qui frôle la perfection à un vieillot « Drive in
Saturday » près…. (Un album qui prouve entre autres que
je n’ai rien contre le saxophone. Il « suffit » de
bien l’employer…). Arbobo, peu veinard lors de son premier
tirage, a forcément du se rattraper avec
celui-ci…
David Bowie (1967)
- Arbobo
20/11/09
Je m’attendais à découvrir l’album
d’un fan transis de Dylan tentant vainement de
l’imiter, et voilà que je me retrouve avec l’album
d’un comique troupier, un Fernandel anglophone doué et
particulièrement porté sur les cuivres qui chantonne un large
sourire jusqu’aux oreilles, et interprète de manière
théâtrale des sketches que je n’ai osé traduire. Qui eut cru
que le grand David avait commencé sa carrière avec pour
accompagnement de la bombarde et des claquements de mains
(« Uncle Arthur ») ? On saluera quand même la
performance, puisque Bowie a sur son premier album inventé les
Têtes Raides 20 ans avant les Français (« Rubber Band »,
« Little Bombardier »). Dans le registre bordélique et
cabotin, il reste cependant assez loin des Who, qui en avaient
sorti de bien meilleures… et de bien pires aussi, tant Bowie
a eu du mal à étouffer ses talents d’arrangeurs et de
chanteur délicat. Au fur et à mesure que l’album avance, on
se prend ainsi à écouter plus attentivement les mélodies, on tend
l’oreille sur un « When I live my Dream » qui nous
évoque, un peu gêné, nos chers Eels, on entrevoit dans le long
« Silly Boy Blue » le bientôt compositeur de « Space
Oddity », on savoure le guilleret « Come and Buy my
Toys », tentative folk annonciatrice des futures merveilles
comme « Kooks », avant que tout ne reparte en sucette. A
mettre aussi à l’honneur de Bowie pour son premier
album les 100 % de
compos originales, là ou ces fieffés Beatles (et tant
d’autres) avaient farcis leurs premières oeuvres d’une
bonne moitié de reprises.
Œuvre de jeunesse un peu honteuse
et coupable de remplissages fréquents, David Bowie 67 n’est
prometteuse que pour ceux qui comme nous, l’écoutons du haut
d’une pyramide de chef d’œuvres produits par
notre héros ces 40 dernières années. Car bien malin à
l’époque celui qui aurait pu y déceler la graine de future
grande star de la pop musique qui était en train d’y germer.
Voyons si Arbobo, courageux volontaire, aura
plutôt ri ou pleuré….
Hunky Dory (1971)
- Le Golb
16/11/09
Dans mon souvenir, Hunky Dory était un album très
inégal, entre excellents titres et trucs sans intérêt. Alors que
ces prétendus titres oubliables sont très bons, et souffrent
simplement d’être associés à des merveilles insurpassables.
Ainsi « Eight Line Poem » est un beau petit blues, mais
il faut presque l’écouter tout seul pour s’en rendre
compte, coincé qu’il est au milieu d’une première face
d’album probablement inégalée chez notre cher David. Tiraillé
entre sa base folk et des aspirations rock déjà testées sur the Man
Who Sold the World, Bowie prend ses auditeurs à contre-pied en
permanence. « Changes » et « Oh ! you Pretty
Things » semblent ainsi transformer Bowie en crooner, avec un
sage piano accompagnant une voix cajoleuse bien en avant, mais
c’est sans compter le démarrage de refrains pop parmi les
meilleurs que notre héros ait écrit. Le piano occupe la première
place dans cet album, avec bien sur en apothéose
l’inoubliable intro de « Life on Mars ? ». A
un moment de ce DBBT, s’est posé la question de savoir si les
chansons de Bowie étaient ou non émouvantes. Le débat reste ouvert,
mais quelle que soit la réponse, il y aura au moins ce titre en
(contre) exemple. Je pense que personne ne peut rester insensible à
cette magnifique mélodie, au chant fabuleux, et aux arrangements
idéaux de « Life from Mars ? », figurant dans le
best of Bowie de tout amateur normalement constitué. Le pire étant
que l’anglais arrive à enchaîner sans dommages, grâce à un
petit titre sans prétentions aux accents country folk
réjouissant : le piano bar et la trompette discrète de
« Kooks » viennent désamorcer l’émotion tenace
engendré par « « Life from Mars ? » tout en
conservant le niveau de qualité d’Hunky Dory, une
prouesse… En fin de première face, « Quicksand »
achève de nous convaincre, en compilant tout les talents de Bowie,
de la ballade folk au lyrisme en passant par un passage assez rock.
C’est sur la deuxième face que se trouvent les morceaux que
j’avais oublié. Une belle erreur, car soyons franc, il
n’y a quasiment rien à y jeter non plus : seule
« the Bewlay Brothers » est en deçà, et encore il
s’en faut de peu pour qu’elle ne soit sauvée par son
refrain magique et un final complètement fou. A part ça, une
reprise évoquant le chant de T-Rex, le piano de Phish et la bonne
humeur de Belle and Sebastian (avec même un bon saxo !), le
riff de guitare incroyable d’ « Andy Warhol »
(et sa production géniale et avant gardiste) et le rock très affirmé de
« Queen Bitch » qui annonce la venue de Ziggy Stardust en
personne… On ajoute une pochette où un Bowie androgyne
s’entoure d’un brouillard de mystère, et
qu’obtient-on ? L’un des meilleurs albums
d’un des plus grands artistes de tout les temps. Un peu trop
imposant pour ma faible prose, mais parfaitement adapté au talent
du grand Thom….
Heathen (2002)
- Ne Respire Pas
15/11/09
Depuis le début du DBBT09, il y a eu consensus sur
la plupart des albums de Bowie. Puisque le bloggueur aime la fight,
on a bien trouvé quelques titres, quelques points à discutailler,
certains on fait les malins et nagé à contre courant sur un disque,
mais dans l’ensemble, il n’y a eu aucun clivage aussi
important que ce qu’il se prépare sur Heathen, si j’en
juge les nombreux commentaires qui s’y
rapportent. Faisant
partie des déçus du Païen, cela faisait un moment que je ne
l’avais pas réécouté, et je me demandais si je pouvais
changer d’avis par rapport à 2002, comme j’ai pu le
faire pour l’album Hours. Il faut bien me rendre à
l’évidence, ce n’est pas le cas. Sur la première moitié
de l’album, c’est le manque d’unité qui m’a
troublé. Le premier titre « Sunday » est assez bon, avec
sa guitare electro en sourdine, son chant triste en avant et la
batterie bien rock qui arrive en toute fin, il nous met dans une
ambiance mélancolique dont on sort avec regret dès le deuxième
titre, « Cactus ». Ok, Bowie personnalise vite fait le
titre en rajoutant un peu de clavier, mais bon, les Pixies,
c’est quand même de la reprise de petit bras. A tout prendre,
je préfère quand même
ce morceau facile au
désagréable « I’ve been waiting for you »
(d’ailleurs repris aussi par ces même Pixies). Entre les deux
nous aurons eu un morceau pleurnichard peu passionnant (« Slip
Away »), un morceau bien rythmé séduisant (« Slow
Burn »), et un rock sympa quoique très classique
(« Afraid »). Bref, une première face pas trop mauvaise
mais assez dispersée. Constat inverse pour la deuxième, puisque
Bowie explore sur l’ensemble de ses titres une espèce
d’electro lyrique que j’ai pour ma part trouvé assez
bancale. L’alliage bizarre de rythmes mécaniques rapides et
d’envolées de claviers orchestrés développée sur de longues
minutes ne m’a pas accroché, exception faite d’un
« A Better Future » un peu plus fédérateur, le pire étant
atteint avec les sons vieillots de « Everyone says
‘Hi’ ». On est très loin du talent
d’alchimiste de Thom Yorke, ce qui est dommage car Bowie a su
prouver qu’il pouvait bien mieux faire dans le genre sur
certains de ses albums précédents. Reste une des plus belles
pochettes de l’anglais qui a dans sa discographie le meilleur
et le pire sur ce plan là, mais je persiste en qualifiant Heathen
d’album mineur… L’avis d’un novice en
Bowietologie, l’ami Tireub du bout
du monde, sera peut être tout autre…
Lodger (1979)
- Home at Last
11/11/09
Lodger est connu comme étant le troisième album de
la trilogie Berlinoise, qui n'a de trilogie que le nom puisque si
Low et Heroes sont très proches dans leur construction et leurs
sonorités, ce Lodger en est assez éloigné. Il constitue en fait
bien plus une seconde paire avec Scary Monsters, notamment dans la
manière qu’a l'excellent groupe de porter les titres de Bowie
vers des sommets. Le batteur est impressionnant de bout en bout, le
bassiste groove comme jamais («DJ», «Red Money»), et Carlos Alomar vient projeter
comme d'habitude sur ce tableau d'incroyables solos de guitare
tordus. Le seul reproche qu'on peut faire à Lodger, c'est de mettre
un moment avant de décoller. Rien de vraiment accrocheur avant
«Yassassin», quatrième titre proposant une ambiance orientale que
Bowie a convoquée à quelques reprises tout au long de sa carrière.
Violon, percussions, et voix nous transportent au
magrheb, un voyage
qui rattrape la promesse non tenue du premier titre
(«FantasticVoyage»). A partir de là, Lodger prend une autre
dimension, «Red
Sails» accélère le rythme pour le plus grand plaisir de Bowie qui
s'éclate à tester sa voix sur de nouveaux registres. On craint un
virage plus expérimental en deuxième période, comme sur les
précédents albums, mais le dynamique groupe enfonce au contraire le
clou sur un exceptionnel «Look back in Anger». J'avais entendu la
première fois ce morceau sur des enregistrements de la tournée
d'Outside, et il était tant intégré à la setlist de ces
concerts qu'il
m'arrivait de croire qu'il faisait partie de cet album moderne. Le
fait est que la plupart des titres de Lodger, tout comme ceux de
Scary Monsters, n'ont pas pris une ride, ce qui est plutôt étonnant
quand on réécoute les
albums qui ont suivis.... Lodger persiste par la suite avec
ses joyeux grooves épicés par les notes saturées d'Alomar, qui est
à la guitare ce que Mike Garson est au piano: un fou furieux génial
et inspiré. Sans être un réservoir à tubes, ni un champ
d'expérimentations incroyable, Lodger est plutôt l'œuvre d'un
artiste qui sort de sa bulle, aidé par un groupe talentueux qui
s'amuse. Emporté par son élan, Bowie ira par la suite voler un peu
trop près du soleil. Raison de plus pour profiter des irrésistibles
morceaux de Lodger. Comme Grisé n'a certainement pas manqué de
le faire...
Pour assister à la première partie de la tournée, c'est par
là:
LES 14 PREMIERES DATES DE LA
TOURNEE
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